Produit fini: Passeport du jeune europeen tolerant
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Les deux visages des Roumains
Si l`on cherche sur Internet des informations sur les Roumains qui vient à l` étranger, le premier titre qu`on trouve est: “Nous les Roumains, nous avons fiché une peur bleue aux Italiens”. Les Roumains d`Italie forment la communauté imigrante, la plus nombreuse et qui fait beaucoup d`assassinats, d’aggressions et de vols en Italie. Les cambriolages, les crimes de ceux-ci font la une presque chaque semaine. Le Quotidien italien “Corriere della Serra” a récemment présenté un reportage qui nous remplit de honte. Il y a aussi des images choquantes qui montrent que les enfants roumains de 9-12 ans volent des porte-monnaie des passant et puis ils s`amusent.
Un autre cas c`est le crime épouventable qui a choqué toute l`Italie. Une Roumaine, Doina Matei, a assassiné une jeune Italienne après l`avoir insultée. Elle a eu aussi une complice mineure, qui a été libérée. Malheureusment aujourd`hui tout le monde connaît cet horrible visage de la Roumanie.
La police nationale de Catalogne a arrêté deux mineurs roumains, suspects d’avoir assassiné une vieille dame espagnole. La femme vivait seule dans une maison de Barcelona. Les deux garçons ont appris que la femme avait une envelope avec 300 € et, pour la voler, ils ont blessé la vieille, qui a été transportée à l’hôpital.
Mais un jour après, la dame est morte et les deux se retrouvent maintenant dans un centre pour les infracteurs mineurs.
À cause de ces crimes, l’Europe a une mauvaise opinion sur les Roumains. Malheureusement, les personnes de ce genre tachent l’image de notre pays, la ternissent.
Comme ces dernières années beaucoup de Roumains travaillent à l’étranger, parmi ceux-ci il y a aussi des infracteurs, des Tziganes, qui montrent un autre visage de la Roumanie.
Mais à notre avis ce sont des cas plutôt rares, isolés. Ils ne représentent pas ce peuple gentil de sa nature, paisible, accueillant et plein d’humour et de sagesse.
Mais est-ce que tous les Roumains sont des cambrioleures, des assassins? On affirme résolument que les Roumains sont des gens normaux; ils travaillent comme des spécialistes en génie électrique, en informatique où comme simples ouvriers, mais honnêtes et correctes.
D`ailleurs dans le domaine de beaux-arts il y a beaucoup de personnes qui ont contribué à la formation de l`image de la Roumanie.
Constantin Brancusi a été l`un des plus grand scuplteurs Roumains, avec des contributions remarquables dans la sculpture contemporaine. Le centre Georges Pompidou de Paris a un important nombre de ces oeuvres et des objets de son atelier, que Brancusi a laissé comme héritage à la Roumanie et à la France(son pays d`adoption). À Targu-Jiu (Roumanie) on peut voir ses sculptures en plein air: La Table du silence et les Douze Chaises, La Colonne sans fin, La porte du baiser- véritable arc de triomphe de l’amour.
George Enesco a été le plus célèbre compositeur roumain.
Il a été également violoniste, chef d’orchestre, pianiste et pédagogue.
Il a eu beaucoup de compositions: Les Rhapsodies Roumaines, Les Symphonies, Les Sept Chansons de Clément Marot. Il a fréquenté les salons parisiens et a voyagé dans toute l’Europe avec ses spectacles. Il a composé des Sonates pour piano et de Suites commandés par l’orchestre philarmonique de New York. À la base de ses compositions il y a souvent des thèmes ou des chansons de folklore Roumain.
De l’autre côté, Mariana Nicolesco est une soprano roumaine d’une renommée mondiale, qui chante sur les plus grandes scènes du monde. Elle a interprété le rôle de “Violetta” de la Traviatta de Giusseppe Verdi et “Desdemona” de Othelo. En Roumanie elle est très impliquée dans la promotion des jeunes artistes de talent en organisant chaque année le concours international “ Haricleea Darclée”. Elle est ausi membre de l’Academie Roumaine.
Cojocaru Alina est considerée la plus jeune étoile du ballet de Covent-Garden- Londres. Elle danse sur les plus grandes scènes du monde, où elle a conquis le public avec ses évolutions spectaculaires.
La littérature
Mircea Eliade a été un philosophe de la culture et de la religion, écrivain, historien roumain. Il parlait et écrivait couramment huit langues et a été considéré l’un des fondateurs de l’histoire moderne des religions.
Emil Cioran est un philosophe et un écrivain roumain. Bien qu’il ait vécu la majeure partie de sa vie en France, il n’a jamais demandé la nationalité française.
Après la guerre, il a écrit toute une partie de son oeuvre en français, abandonant totalement sa langue maternelle, le roumain: “ En français, on ne devient pas fou”, affirmait-il quand son pays natal était en proie au communisme. Le sceptisme de Cioran est probablement son caractère le plus marquant, bien plus que son pessimisme.
Tristan Tzara a été un écrivain, poète et essayiste de langue française et roumaine et l’un des fondateurs du mouvement Dada. La littérature roumaine au début du XX-e siècle est fortement influencée par le symbolisme français. C’est l’époque où il publie ses premiers poèmes “Sur la rivière de la vie”. Il a participé à la naissance du courant “Dada” à Zurich et les poètes contemporains voient en Tzara le chef de file de l’art nouveau.
La peinture
Nicolae Grigoresco est consideré comme le plus grand peintre roumain.
Ses oeuvres sont un miroir du village roumain, mais il a aussi des portraits (spécialement des jeunes femmes, qui sont toujours gaies). Un autre motif d’inspiration a été la France. Il s’est laissé fasciner par la beauté du Barbizon (il a fait partie de l’école de Barbizon) et par la Forêt de Fontainebleau.
Ion Andreesco a été un des plus grands peintres roumains. Il a été un point de référence quand on parle de la tradition de notre art.
Sport
Nadia Comaneci est la première gymnaste du monde ayant obtenu un 10 dans un concours olympique de gymnastique; elle est aussi une des meilleures sportives du XX-e siècle et une des meilleures gymnastes du monde de tous les temps. On lui a publié un premier livre en 2003: “Lettres pour une jeune gymnaste”. Elle est impliquée dans les activités competitionnelles et dans des actions de charité tout spécialement pour les enfants roumains.
D’autres résultats sportifs aux Jeux Olympiques de cette année (en Chine) :
L’équipe de gymnastique artistique a réçu cette année la troisième place.
Puis, Alina Dumitru a gagné la II-e place au judo et l’équipe de caïac-canoe a pris le podium aussi.
Hommes de science
Henri Coanda a été un ingénieur aéronautique roumain, pionnier de l’aviation mondiale et du moteur à réaction, savant et académicien Roumain.
Il a présenté au deuxième Salon International de l’aéronautique et de l’espace de Paris “Le Bourget” un monoplane révolutionnaire d’un moteur à réaction. La physique a consacré son nom moyennant le fameux principe “Coanda”.
Un autre homme de science est Victor Babes, savant dans le domaine de la biologie et de la médicine. Il a fait beaucoup de découvertes d’une importance spéciale pour traiter les plus graves maladie de l’humanité. Il a été membre de l’Academie Roumaine, toujours préoccupé de l’amélioration de l’état de santé de la population. Il a travaillé dans les laboratories de Louis Pasteur à Paris (où il a fait sa thèse de doctorat) et il a amélioré le vaccin antirabique.
Et la liste pourrait continuer. Mais vous avez tous connu un Roumain: il n’est ni plus méchant ni milleur que les autres. C’est un homme comme tous les autres. C’est tout. Oana Rotariu
Faire ses études en Europe
Etudier dans un pays étranger signifie aussi apprendre la tolérance sur sa propre peau, respecter le nouveau territoire avec ses traditions d’un côté, et apprendre à se faire accepter, de l’autre côté.
Il y a beaucoup de Roumains qui ont fait ce pas depuis longtemps et c’est encore une curiosité de plus en plus grande autour des jeunes, surtout que maintenant ils ont des possibilités et des choix multiples grâce aux universités et aux facultés des pays européens et d’autres continents aussi, qui offrent des bourses.
J’ai eu l’occasion de rencontrer trois Roumains partis en France pour faire des études. Comment est-ce qu’ils ont été accueillis par les Français , c’était ma première question. Alexandra Pop, boursière partie déjà depuis plus de quatre ans, dit que, ni au debout ni maintenant, elle n’a pas rencontré de cas d’intolérance en ce qui la concernait, que ses collègues français ont été très accueillants avec elle et avec les autres 3 Roumaines qui sont parties avec elle. « Ils nous ont acceptés rapidement, nous et les autres, car il y avait plusieurs nationalités, qui se sont conduites normalement eux- aussi. On était un brassage des pays dans l’école et cela n’empêchait pas notre bonne entente. Nous en profitions en effet, nous avions des soirées thématiques – la soirée roumaine, espagnole, arabe, thailandaise, etc – coutume enrichissante d’ailleurs.»
Raluca Cerbu, partie recemment à Lille, pour le master dans le management des affaires éuropéennes, dit que « les relations entre les étudiants sont bonnes », elle aussi n’a pas eu part de discrimation: « Les profs demandent une petite présentation de la part de chacun, mais ils ne font pas de discriminations entre les étudiants, car nous sommes plusieurs des autres pays. Au moins, ils ne se montrent pas affectés par les étrangers, ils ne font pas de commentaires de ce type, mais je crois que ce n’est pas le cas, ils nous traitent également. »
Felix Stroescu, parti pour un an à Cluny, à l’Ecole Nationale Supérieure d’Arts et Métiers, affirme que « oui, les professeurs avaient une attitude différente envers nous, les étrangers. Mais c’est surtout de la discrimination positive parce qu’ils choisissaient des mots plus faciles pour que nous puissions comprendre plus facilement leurs explications.Quant aux collègues, cela dépendait de la manière de chacun de s’intégrer. Personnellement, j’ai été très bien accueilli, et j’ai été même invité dans leurs familles. J’ai gardé le contact avec tous les amis que j’ai fait et on parle presque chaque jour sur internet.» Felix reviendra en France pour recevoir un diplôme français de ses études. « Cela a été une expérience extraordinaire et je conseille tous les jeunes d’aller étudier n’importe où en Europe. »
Voilà donc des exemples positifs d’autant plus que les médias étrangers présentent surtout des aspects négatifs dans ce domaine : des cambriolages, des viols, de la mendicité. Ces cas existent, nous ne pouvons pas les contester, mais le taux des Roumains malfaiteurs n’est ni plus grand ni plus petit que celui des autres nationalités. Il y a aussi ceux qui sont de bons ambassadeurs pour la Roumanie.Oui, il y a des Roumains à l’étranger et ils l’ont bien réussi parce que c’est possible. Les études à l’étranger c’est une bonne modalité de connaître le monde, les gens. Et n’oublions pas que la Roumanie c’est une bonne terre d’accueil pour les éuropéens qui travaillent chez nous suite à l’investissement en Roumanie ou à la délocalisation de leur entreprise.
Gabriela Pop
L’homophobie
Le terme d’« homophobie » désigne l’hostilité explicite ou implicite envers les homosexuels. Cette hostilité relève de la peur, de la haine, de l’aversion ou encore de la désapprobation envers l’homosexualité. Par extension, l’homophobie désigne les préjugés et la discrimination anti-homosexuels, donc c’est l’intolérance au plus haut degré.
Le mariage homosexuel
Le mariage homosexuel désigne le mariage des personnes de même sexe. Dans une perspective historique, il désigne l’extension aux couples homosexuels du droit au mariage tel qu’il existe pour les couples hétérosexuels. Ce mariage est mis en question en Roumanie aussi, d’autant plus qu’en Europe il est accepté (dans certains pays) sous la forme du mariage civil ou le PACS en France.
Les considérations religieuses sont très présentes dans les motifs d’opposition. Toutes les confessions sacralisent le mariage d’un homme et d’une femme et aucune ne considère la vie entre deux personnes du même sexe comme union sacrée.
Homoparentalité
Les questions de l’adoption, et plus généralement, de la reconnaissance de la parentalité des homosexuels sont également des éléments du débat. En effet la grande majorité des opposants au mariage entre homosexuels sont également contre la reconnaissance de l’homoparentalité.
Ils avancent comme argument principal l’équilibre familial, puisque par définition l’enfant est le fruit de l’union de deux parents de sexe différent. La question est donc de savoir si un environnement éducatif composé de deux parents de même sexe ne nuit pas à l’enfant et à son développement. Des études commencent à être faites, notamment aux États-Unis, sur les nombreux cas d’enfants. Les premières études menées ne démontrent pas de différences significatives entre ces enfants et les autres, ce qui tendrait à rejeter l’hypothèse d’un effet négatif. Il faut toutefois préciser que ces études rencontrent des critiques en ce qui concerne la façon dont elles sont menées, dénonçant par exemple un échantillon d’étude trop faible.
Au Canada : le mariage autorisé
Au Canada, le mariage entre conjoints de même sexe est légal sur l’ensemble du territoire canadien, depuis juillet 2005.La définition du mariage est une compétence fédérale, et la loi fédérale définissait avant 2005 le mariage comme l’union de deux personnes de sexe différent.
Aux États-Unis :c’est une question relevant des États
En 2008, deux États autorisent le mariage homosexuel : le Massachusetts et la Californie. On peut donc y voir une extension très limitée du mariage homosexuel. Le mariage gay se classe néanmoins parmi les sujets les plus sensibles sur le plan politique des États-Unis. La volonté du président George W. Bush d’inscrire dans la Constitution cette interdiction du mariage homosexuel a suscité des réactions hostiles, y compris de la fille cadette de son propre vice-président, Mary Cheyney, elle-même lesbienne.
La situation à l’échelle européenne est assez confuse. Certains pays s’engagent dans des voies de l’autorisation, d’autres sont dans des positions plus attentistes.
En Belgique il est autorisé depuis le 30 janvier 2003. Mais la filiation (reconnaissance de l’un des conjoints comme parent des enfants de l’autre) et l’adoption n’y étaient au départ pas possibles. L’ouverture du mariage aux couples de même sexe fut votée par une coalition socialiste-libérale-écologiste. Les libéraux et les sociaux-chrétiens acceptèrent de donner leur accord à condition que le texte n’inclut pas le droit à la filiation et à l’adoption. Un projet de loi ouvrant l’adoption aux couples mariés quel que soit leur sexe est adopté par la Chambre des représentants le 2 décembre 2005 et par le Sénat le 20 avril 2006. Aujourd’hui les homosexuels peuvent se marier et adopter légalement en Belgique.
En France
Le mariage homosexuel n’est pas autorisé en France, mais le débat, assez polémique mène à l’évolution de la législation qui reconnaît de plus en plus les unions homosexuelles. À défaut de mariage, il existe depuis décembre 1999 une alternative, le Pacte civil de solidarité (PACS). Le PACS ne permet cependant pas l’adoption au couple pacsé. La convention de PACS a été modifiée en janvier 2007.
En Roumanie
L’histoire des minorités sexuelles en Roumanie est récente, avec, durant la dernière décennie, des accomplissements notables, principalement au niveau législatif, mais aussi au niveau social, et la mise en avant du principe de la liberté individuelle et du respect de la vie privée. Les homosexuels roumains,héritiers d’une longue histoire d’interdits et de clandestinité, longtemps niés dans leur existence même, objets de réprobation et de rejet social, réclament aujourd’hui le droit d’exister et de se faire entendre, la libération. En 2001, les relations homosexuelles entre adultes consentants ont été dépénalisées. Un bref retour en arrière essaye de déchiffrer les racines de la criminalisation des personnes homosexuelles dans ce pays. De même, le contexte de l’adhésion du pays aux institutions européennes, ainsi que la reconstruction sociale radicale qui suit la chute du régime communiste, sont pris en compte pour mettre en lumière la dynamique des enjeux sociaux et politiques liés à la dépénalisation de l’homosexualité et le chemin parcouru par l’activisme gay et lesbien dans ce pays.
De nos jours, les actes homosexuels sont encore passibles de peine de mort dans sept pays : Afghanistan, Arabie saoudite, Iran, nord du Nigeria, Mauritanie, Soudan et Yémen. Ces législations sont effectivement appliquées. Ainsi, le 19 juillet 2005, deux adolescents iraniens, âgés de 16 et 18 ans ont été pendus à Machhad, en Iran pour avoir eu des relations homosexuelles. Le recours déposé par l’avocat des condamnés devant la Cour Suprême de la République Islamique d’Iran fut rejeté.
Doris Reimer
N’oublions pas les enfants handicapés de Cighid !
Nous sommes en 1988. Une chambre, sans lumière, sans chauffage, peuplée d’enfants voués à la mort, laissés vivre dans leur propres excréments. Le pouvoir du souvenir nous fait comprendre leur existence en écoutant leurs cris et le bruit des lits de fer, rouillés, qui frappaient les murs froids. C’était le salon 5 du camp d’extermination des enfants handicapés de Cighid. Le salon de la mort.
On pourrait avoir la tendance de nier cette réalité cruelle, mais assez récente ; ces scènes se sont passées il y a 19 ans, avant la révolution de décembre 1989, sous la dictature communiste. Les jours d’après la révolution – quand les premières télévisions européennes ont réussi à y pénétrer – ces images ont terrifié tout le monde : les enfants handicapés étaient voués à la mort.
Mais la réalité était terrible : des enfants à Cighid, amenés directement de leurs berceaux, abandonnés par leurs familles, avec des handicaps sévères et déclarés irrécupérables par les docteurs.
Les statistiques sont troublantes : en 2 années, 137 enfants sont morts à Cighid, la majorité d’entre eux ayant entre 3-5 ans. Tués par la famine, par le froid et par l’indifférence. Le régime communiste n’a eu aucun remord.
De nos jours, ces enfants reposent dans un cimetière entouré par une clôture formée de grillages des lits où ils ont passé leurs derniers moments. Presque 200 croix, sans noms ; personne ne se rappelle aujourd’hui leur identité. C’est l’endroit seul qui peut nous rappeler ces enfants.
Après la révolution, les survivants de Cighid ont été internés dans des centres construits par la charité des personnes émues de leur situation. Mais, parmi eux il y avait aussi quelques-uns qui ont réussi à commencer une nouvelle vie, malgré leur handicap. Ils ont réussi à affronter la vie et le rejet de la société et maintenant ils mènent une vie normale, ayant un emploi et un foyer, preuve que l’insertion des handicapés est possible. Dans les centres contemporains on rencontre parfois quelques-uns des anciens employés de Cighid qui montrent un visage sans remords, sans émotions et qui s’excusent en disant qu’ils ont fait tout ce qu’ils pouvaient faire…
Aujourd’hui, dans la Roumanie contemporaine, les handicapés ont une autre vie. Malgré leurs problèmes de santé, ils ne sont plus exclus. La Roumanie a aujourd’hui un réseau d’intégration et de scolarisation, des centres d’aide qui leur offre, sinon une vie aisée, au moins une vie décente.
Mais la réalité contemporaine ne nous permet pas d’oublier les enfants de Cighid.
Paula Trop
Libres Propos par
Edmond-Jacky CATHALA
Edmond-Jacky Cathala – professeur à la retraite – Lycée « Jean Jaurès de Carmaux » (jumelé au nôtre) nous a récemment rendu visite; il a nous accordé une interview sur le problème de l’insertion des handicapés roumains (projet humanitaire pour lequel il travaille depuis quelques années déjà) et puis il nous a envoyé un article sur le même thème. Même si les événements présentés dans son article se sont passés il y a quelques années, ils gardent leur actualité. Voilà pourquoi nous désirons le publier:
“Vivre ensemble c’est pas débile”
Le 25 juillet,jour de l’ouverture des 25e jeux olympiques d’été de Barcelone, quatorze handicapés du foyer d’accueil specialisé André-Billoux de Sérénac et du foyer La Soleillade de Carmaux partiront de Carmaux pour rejoindre la Séode Urgel, lieu des épreuves de canoe-kayak auxquelles ils vont assister.En trois jours ils vont parcourir,en se relayant,à pied ou en fauteuil roulant,les 311 km qui séparent Carmaux de la Séo-de-Urgel.
Les “Vingt-quatre heures de l’espoir”
Ce projet trouve son origine dans les “Vingt-quatre heures de l’espoir” organisées a Carmaux,les 20 et 21 avril 1991,par le Rotary-Club de Carmaux avec le concours de nombreux partenaires.Cette épreuve sportive et les manifestations organisées autour d’elle étaient destinées à briser les tabous, les arriére-pensèes et les résistances qui environnent trop souvent les personnes handicapées et leur intégration dans la société.Elles étaient également l’occasion de faire mieux connaitre le travail remarquable accompli dans les centres ou établissements accueillant des personnes preséntant un handicap avec des difficultés d’adaption sociale et professionnelle.
Le travail de ces structures est trop souvent méconnu de même que l’importance de leur apport dans l’activité économique locale(1).Dans le Carmausin,c’est l’équivalent de 180 salariés à temps plein pour 380 personnes accueilllies,sans compter les effets induits.
Au cours de ces “Vingt-quatre heures de l’espoir”,course symbole,nous avons pu voir,au coude-à-coude,valides et handicapés unis dans la même ténacité,comme ils devraient l’être dans le geste habituel du travail quotidien celui qui fait des absurdes tabous de l’ignorance.
Ce jour-là,les coureurs handicapés ont délivré une belle leçon de courage de dépassement de soi même et par la même d’humilité aux valides.
Malgré les difficultés, les souffrances inhérentes à leur handicap, ils sont allés au bout de ces vingt-quatre heures.Leur joie,leur bonheur malgré la fatigue faisaient plasir à voir à l’issue de la course,tout comme lors de la remise des trophées.Ils étaient heureux d’avoir pu disputer cette épreuve,d’avoir pu découvrir de nouvelles sensations comme l’esprit de compétition et sourtout d’avoir été intégrés.
L’équipe du foyer d’accueil spécialisé Andre-Billoux de Sérériac composée de 12 coureurs, réussissait l’exploit de parcourir 245 km se classant 7e sur 26 équipes engagées.
Cet exploit ne devait pas rester sans lendemain.Avec l’aval de la direction de l’ASEI(2) Philippe Roddet,directeur du foyer La Soleillade et du FAS André-Billoux et son adjoint Christophe Bugeyre décidaient de créer une équipe qui serait engagée dans des compétitions locales.Le Rotary-Club de Carmaux,l’association cuturelle du foyer La Soleillade,la pharmacie Renaux unissainet leurs efforts pour offrir un fauteuil roulant de compétition à ceux qui sont privés de l’usage de leur jambes afin qu’ils puissent participer aux épreuves.Max Granier, le coureur carmausin bien connu, .Jean-Rémi Santoul,Sylvie Canivenc,éducateurs,prenaient en charge l’entraînement hebdomadaire.
A chacun son handicap
Il reste énormement à entreprendre pour faire des handicapés des citoyens à part entière.Ces enfants ou adultes, différents,nés libres et égaux en droits,ont droit à la vie, à l’éducation,au travail.Ils doivent bénéficier des soutiens qui leur permettent l’épanouissement le plus complet,l’insertion sociale voire professionnelle la plus étendue.
Les mésaventures professionnelles survenues à des handicapés en disent long sur les réactions d’une société envers ceux qui sont affaiblis d’autant que les nécessités économiques de l’heure, chômage oblige,imposent leur dure loi.
Pourtant bien des exemples montrent qu’un travailleur handicapé,formé sur un poste de travail adapté, se revélè aussi performant qu’un travailleur dit “normal”, preuve s’il en est que le handicap finit par se fondre si la capacité professionnelle est démontrée.L’intégration en milieu “ordinaire” favorise l’épanouissement de la personne handicapés et donne un sens à son existence.
Des responsables d’association d’handicapés suggèrent de “normaliser”,le handicap plutôt que le”banaliser”.Les “normaux que nous sommes censés être avons chacun nos propres handicaps(myope,chétif,coléreux,cyclothymique,allergique à beaucoup de choses,peu réceptif à la musique,à l’art,peu agile de main..Que sais-je encore?)Nous ne sommes par pour autant considérés comme des handicapés ou des anormaux et nous nous retrouvons au travail tous les matins.Il devrait en aller de même pour les handicapés et pour cela il faut définir le champ de leurs competénces à l’égal des travailleurs normaux.
Favoriser l’insertion ou la réinsertion d’un handicapé doit être un acte de solidarité plus qu’une obligation dans une société qui se veut évoluée.
“Vivre ensemble c’est pas débile”, pour réprendre le thème d’une campagne de sensibilation d’une association en charge de handicapés indique le chemin que toute société responsable doit suivre:éviter l’exclusion de la personne handicapée et l’aider à retrouver une identité.
Edmond-Jacky CATHALA
On s’enrichit toujours de nos différences
Le handicap c’est une infirmité physique ou mentale due à une malformation, une maladie ou un accident (de travail, de moto, voiture ou vélo) qui désavantage celui qui en est atteint. Comme son origine le suggère, de l’anglais, « hand in cap » signifie la main dans le chapeau, ancien jeu de hasard, qui peut toucher tout le monde car le hasard fait partie de notre vie. Alors, les exclure de la société ou les intégrer, ces gens-là ?
À partir du 31 mai 1990 quand le Conseil d’Europe et des ministres de l’éducation se sont réunis au sein du Conseil du 31 mai 1990 l’Europe, plus précisément l’Union Européenne, on a décidé l’intégration des enfants et des jeunes affectés d’un handicap dans les systèmes d’enseignement ordinaires. Six ans plus tard, le Conseil et les représentants des gouvernements des États membres se sont réunis le 20 décembre 1996 pour discuter l’égalité des chances pour les personnes handicapées et cela est devenue loi. Ensuite plusieurs réunions ont eu lieu concernant ce problème et en 2003 le Conseil d’Europe a décidé d`inviter les États membres de la communauté à :
a) favoriser et soutenir la pleine intégration dans la société des enfants et des jeunes ayant des besoins spécifiques par un enseignement et une formation appropriés et leur insertion dans un système scolaire [...] qui soit adapté à leurs besoins;
b) poursuivre leurs efforts pour faciliter l’accès des personnes handicapées à l’apprentissage tout au long de la vie et, dans ce contexte, à accorder une attention particulière à l’utilisation des nouvelles technologies multimédias et de l’Internet pour améliorer la qualité de l’apprentissage en facilitant l’accès aux ressources et aux services, ainsi que les échanges et la collaboration à distance (apprentissage en ligne);
c) favoriser l’accessibilité pour les personnes handicapées à tous les sites Internet publics traitant d’orientation, d’éducation et de formation professionnelle [...] par le respect des lignes directrices en matière d’accessibilité à Internet;
d) intensifier, selon les besoins, la fourniture appropriée de services et d’assistance technique aux élèves et aux étudiants ayant des besoins spécifiques en matière d’enseignement et de formation;
e) faciliter la diffusion d’informations et de conseils pertinents afin de permettre aux handicapés eux-mêmes ou, si nécessaire, à leurs parents ou à d’autres personnes responsables concernées, de choisir le type d’enseignement approprié;
f) poursuivre et, si nécessaire, accroître les efforts de formation initiale et continue des enseignants dans le domaine des besoins spécifiques, en vue notamment de fournir les techniques et les outils pédagogiques appropriés;
g) favoriser une coopération européenne entre les acteurs concernés, professionnels de l’enseignement et de la formation des enfants et des jeunes handicapés, afin d’améliorer l’intégration des élèves et des étudiants aux besoins spécifiques dans les établissements ordinaires ou spécialisés;
h) renforcer l’échange d’informations et d’expériences sur ces questions au niveau européen, en prenant appui, le cas échéant, sur les organisations et les réseaux européens disposant de connaissances spécifiques dans ce domaine, comme l’Agence européenne pour le développement de l’éducation pour les élèves à besoins spécifiques;
i) fournir, au besoin, des installations ainsi que des possibilités et des ressources de formation pour le passage de l’école à la vie active. »
Quant à la Roumanie, il y a une aide de la part du Gouvernement et des associations et des fondations, mais aussi une aide internationale. Comme tous les autres gens, les personnes handicapées ont aussi leurs droits. On a élaboré une loi qui leur assure des droits pour leur intégration dans le travail (La loi numéro 57 de Juin 9, 1992). Ainsi, ils ont le droit d`être employés et d`avoir des endroits spécialement aménagés et adaptés à leur condition physique où ils peuvent travailler selon leurs possibilités (art.2, alinéa 1).Les alinéas 3 et 4, prévoient que les unités spécialement organisés aient, au moins, 70% du nombre de salariés des personnes handicapées. Quant aux unités organisées pour les aveugles, le pourcentage est 50%.Les handicapés ont aussi le droit de demander une diminution d`heures de travail (1-2 heures), qui implique aussi une diminution du salaire, mais sans affecter l`ancienneté dans le travail. (Alinéa 7).
Un autre droit se trouve dans le troisième article : les handicapés peuvent travailler au domicile, ayant assuré le transport de matières premières au ou vers le siège de l`unité respective.
Ils bénéficient aussi d`une protection spéciale :
a)un terme d`essai de 30 jours travailleurs, à l`engagement ;
b) un préavis payé de 30 jours travailleurs, en cas de la résiliation du contrat. (art.5).
Pour assurer un emploi, l`article 10 oblige les personnes juridiques ayant plus de 250 salariés, à employer au moins un pourcentage de 3% des handicapés. Sinon, il y a des amendes et l’argent revient aux personnes avec du handicap.
Si par hasard, une personne handicapée décède, ses héritiers reçoivent une aide spéciale, mais uniquement s’ils accomplissent les conditions prévues par la législation des retraités (art.11).
De plus, les institutions doivent avoir des plateformes spéciales pour l’accès des handicapés et même dans le transport en commun et celui-ci est un problème grave en Roumanie. Ces plateformes existent, la majorité d’entre eux sont conformément aux normes, mais une autre partie est inaccessible à cause de leur hauteur et de leur pente. Et, de surcroît, il y a des institutions qui n`ont pas cette pente d`accès en siège roulant. Par exemple, les établissements scolaires. Quant aux places de parking pour les handicapés, ils existent partout mais ces places sont les premières à être occupées par les gens qui n’ont pas de besoins spéciaux.
À Timisoara l’aide pour les handicapés vient de la part des autorités du Gouvernement, de la mairie et de l’étranger, de la part des associations. Représentée par Jacky Cathala, qui vient depuis 8 ans en Roumanie de Carmaux, la fondation aidée par Rotary International s’appelle « Pour vous » et fonctionne d`après le modèle français du Centre d’aide pour le travail où les handicapés ont la chance de travailler dans des domaines comme la jardinerie, la boulangerie, la papeterie cadeau et la couture, dans le domaine textile. Par la vente de ces produits, l’argent revient aux handicapés. De plus, ils bénéficient de conseillers pour eux et pour leurs familles de soutien matériel, d’assistance médicale et d’activités pour passer le temps libre comme des colonies d’été, des jeux, des concours. Ces gens ont un pouvoir extraordinaire de travailler, d’évoluer à l’aide des éducateurs. Ils veulent montrer qu’ils sont utiles à la société et ils le réussissent : ils arrivent à travailler une norme entière comme les gens normaux et de cette façon ils sont embauchés dans des entreprises.
« Auparavant, être handicapé ou avoir dans la famille un membre handicapé c’était une vraie honte » dit monsieur Jacky Cathala, « On le cachait, mais dans le Royaume Uni, la société était plus développée et l’intégration des handicapés dans la société existait déjà depuis longtemps. La France fait beaucoup d`efforts à présent pour les personnes handicapées. À Carmaux, il y a plusieurs centres d’aide pour le travail, et de temps en temps, les élèves leur font des visites, ils mangent ensemble et ils parlent. Il y a des programmes et des activités spéciales pour eux, des ateliers de création, du sport, ils ont tout le soutien et Rotary s’implique aussi. Récemment ils ont organisé un marathon de 24 heures autour de la ville de Carmaux (les invalides à côte des gens valides) et un autre grand événement, celui du voyage de Carmaux à Barcelone en siège roulant.
Il y a des activités vraiment extraordinaires, qui nous font apprendre nos différences mais nos points communs aussi. Les handicapés ont des sentiments profonds, ils savent vivre chaque moment de leur vie et ils peuvent être un exemple de sincérité pour nous.
Mihaela Ruxandra Gheorghe
Bianca-Alexandra Borea
Mon ami est Tzigane
Quand sa famille s’est installée dans notre quartier, la rumeur a duré des mois entiers : une famille tzigane dans le voisinage, ce n’est pas très commode. Pourquoi ? C’est simple : parce que les Tziganes ont des chevaux et une charrette et élever des animaux dans un quartier résidentiel c’est un manque d’hygiène. Sans penser aux odeurs d’une écurie…
Deuxièmement parce que « Tzigane », est synonyme chez nous du « bruit » : les Tziganes se disputent tout le temps, ils parlent à haute voix, ils chantent et ils écoutent de la musique très fort. On a pensé aussi à leur nombre : les familles tziganes sont nombreuses d’habitude. Elles vivent, plusieurs générations, pêle-mêle, sous le même toit.
Troisièmement, les Tziganes éduquent mal leurs enfants ou, mieux, ils ne les éduquent pas : ils ne fréquentent pas l’école (ou s’ils le font, ils le font rarement pour empocher leurs allocations !), ils pratiquent la mendicité ou, pire, ils sont des chapardeurs.
Et voilà les nouveaux voisins installés : leur maison est une pension avec 2 étages, ils ont 2 enfants, leur vie est calme .Ils n’ont pas de chevaux (déception totale pour ma sœur et moi qui aimons ces animaux), de charrette non plus. Poussé par la curiosité, j’ai parlé à Carpaci Costica Gabriel qui a 14 ans et qui est dodu, de petite taille et très sympa. Au début son attitude était évasive, hésitante. Pourquoi moi ? A quoi ça te sert, un article sur moi ?
A présent, après plusieurs années d’amitié, il ose parler avec moi des origines de sa famille.
TR : Que font tes parents ?
Réponse : Mon père a une affaire avec des automobiles d’occasion et ma mère travaille dans la pension de mon grand-père.
TR : Quels sont tes projets d’avenir ?
Réponse : Je veux devenir comme mon père quand je grandirai, commerçant.
TR : Etes-vous riches ou pauvres ?
Réponse : Plutôt riches. Et pour montrer notre richesse, nous portons des bracelets d’or, de grosses chaînes d’or, des bagues. Les femmes portent des monnaies d’or dans les nattes tressées, sur le front, autour du cou. D’ailleurs, la dot d’une fille est mesurée en or chez nous.
Tr : Comment t’entends-tu avec les adolescents de ton âge, ceux qui ne font pas partir de ta communauté ?
Réponse : Ca dépend : il y en a ceux qui m’acceptent, comme toi, ceux qui me parlent et avec lesquels je me lie d’amitié. Mais il y en a aussi ceux qui me traitent de tzigane. Alors je ne leur parle pas.
Tr : Qui est la tête de la famille ?
Réponse : Mon grand-père, le père de mon père. Il s’appelle Sama Rudi et il est <Bulibaşă>.(chef du clan en langue tzigane)
TR : Quel est l’âge du mariage chez les Tziganes ?
Réponse : Environ 15-16 ans.
TR : Ce sont les parents qui choisissent pour les enfants leurs partenaires de vie ?
Réponse : Non, si une famille a une fille, les parents choisissent leur gendre, mais s’ils ont un garçon, il a le droit de choisir.
TR : Tu as déjà une fiancée ?
Réponse : Non, j’ai seulement 14 ans.
TR : Est-ce que les mariages entre les Tziganes sont officiels, signés à la mairie, ou les actes n’ont pas d’importance pour vous ?
Réponse : Non, les mariages ne sont pas officiels, on reste avec notre partenaire conformément aux lois des tziganes. Par exemple, mes parents n’ont pas d’attestations légales, une attestation de mariage.
TR : Tu sais parler la langue tzigane ?
Réponse : Oui, bien sûr. J’ai appris la langue en famille lorsque j’étais petit.
TR : À l’école tu as eu la chance de pouvoir apprendre ta langue ?
Réponse : Non, même s’il y a des instituteurs tziganes formés plus récemment. Mon père m’a raconté que sous Ceauşescu (jusqu’en 1989) les Tziganes étaient persécutés, ils n’avaient pas le droit de parler leur langue.
TR : Est-ce que ta mère ou ton père ont des costumes traditionnels ?
Réponse : Mes parents non, mais j’ai quelques parents qui portent encore des vêtements spécifiques tziganes: pour les femmes les robes ont des couleurs bigarrées, elles portent des écharpes de toutes les couleurs. Pour les hommes il y a les célèbres chapeaux énormes et une grande moustache.
TR : Quels métiers pratiquez-vous, des métiers traditionnels? Où est-ce que vous les apprenez ?
Réponse : Aujourd’hui ce sont seulement les familles pauvres qui pratiquent encore des métiers comme la fabrication des briques, des musiciens, des forgerons, des bijoutiers. Les femmes savent deviner, elles sont voyantes ou cartomanciennes.
Alexandru Prelipcean
Que tout le monde soit plus tolérant – Enquête réalisée au marché d’Enghien
Nous voilà au Marché d’Enghien: pas trop d’agglomération, il est tôt d’ailleurs, des gens d’un certain âge, des vendeurs aux sourires larges et aux attitudes accueillantes : eux, ils voulaient vendre leur marchandise, c’est normal.
Quant à nous – un groupe de jeunes belges et roumains ( 16-17 ans, d’Enghien et de Timisoara, ouest de la Roumanie ) – nos sourires sont encore plus larges : nous nous adressons aux gens du marché, nous posons des questions. Le thè,e de notre questionnaire ? La tolérance à Enghien. Quelles sont les relations entre les Belges francophones et les Belges flamands ? Quelles langues parlent-ils ? Comment les ont-ils apprises ? Pour quelles raisons ? S’il y a des tensions entre les Flamands et les Belges francophones, quelles seraient vos propositions pour l’amélioration des relations Wallons-Flamands ? A la question « sentez-vous des tensions entre les Wallons et les Flamands à Enghien » seulement 13 personnes ont répondu « oui » et les autres 57 ont répondu « NON ! », donc 81,5 % ! A la deuxième question « sentez-vous des tension là où vous habitez ? » 32 personnes ont répondu négativement, donc 84,21%.
Tantôt presses, tantôt coopérants, les gens s’arrêtent et nous répondent. Le résultat de l’enquête sur 75 sujets francophones et néerlandais, nous montre que la population et les politiciens ont des visions différentes : si les journaux et la voix des officiels clament souvent la séparation, la mauvaise entente entre les Flamands et les Wallons, la réalité, la vie quotidienne ( pour nous, le marché d’Enghien ) les contradisent : des réponses plutôt rassurantes, des opinions réfléchies, des gens équilibrés qui vivent en harmonie et respect réciproque.
Quant aux réponses concrètes, sur les 35 Enghienois rencontrés, 23 ont répondu qu’ils étaient bilingues ( sur les 13 Flamands rencontrés 8 sont bilingues ). A la question « comment êtes-vous devenu(e) bilingue », les réponses les plus fréquentes ont été : l’utilisation quotidienne (5), les études (28), la vie dans une commune néerlandaise ( pour un francophone ), le besoin professionnel (10) (pour des vendeurs par exemple qui vendent un peu partout leur marchandise), la mixité des familles (6), des parents d’ethnie différente ou un époux néerlandais pour une autre francophone.
Il y a peu de réponses négatives : 25 interlocuteurs ne parlent pas les deux langues sur les 75 interviewés et les causes en sont…ferfelues parfois. Il y a ceux qui ne les ont pas apprises par… « fainéantise » ou commodité, il y a ceux qui n’ont pas d’études et ceux qui considèrent qu’ils n’en ont pas besoin. Quelques uns considèrent qu’il y a « des manques au niveau scolaire » (homme, 50 ans), c’est à dire que l’enseignement ne fait pas assez d’efforts pour que les jeunes soient bilingues. Un couple de francophones ( 32 et 35 ans) affirme « qu’à l’école on enseigne mal le néerlandais ».
Quant aux solutions proposées pour s’en sortir de cette crise nationale – réelle ou entretenue artificellement (médias, politiciens) – elles sont souvent éludées , escamotées. Mais la moitié des interlocuteurs expriment quand même leurs opinions : la premiére solution et la plus simple serait l’apprentissage de la deuxiéme langue du pays – pour respecter d’ailleurs le statut d’un Etat bilingue. Les réponses proposent « des écoles bilingues », « apprendre les deux langues dès l’école maternelle ». Des réponses touchantes surgissent aussi : « plus de souplesse dans le comportement », le dialogue, « plus de bonne volonté des deux côtés », « vaincre les préjugés ». D’autres réponses tirent une sonnette d’alerte : la société actuelle traverse une crise économique grave et « le problème linguistique est la moindre des choses » (homme, 23 ans).
En guise de conclusion, une idée qui se dégage de ces dialogues dans la rue : la tolérance serait la seule solution réelle et une exhortation s’impose : « que tout le monde soit plus tolérant ».
Groupe belgo-roumain (60 jeunes entre 15-18 ans)
La discrimination positive – contrepoison pour l’intolérance ?
On entend parler toujours de discrimination positive mais on ne sait pas ce qu’elle signifie. Le terme « discrimination » nous fait penser à un mélange de mal et de bien à cause du mot positif. En fait la discrimination positive signifie une série des mesures qui veulent promouvoir l’accès dans des domaines comme l’éducation ou le marché de la main d’œuvre aux groupes sociopolitiques qui sont en minorité. Et cela donne naissance à des conflits ; on peut affirmer que toutes les formes de discrimination sont des violations des droits à l’égalité.
En Europe, la Commission des communautés européennes a indiqué dans sa communication de 2005 sur la non-discrimination et l’égalité des chances pour tous, la persistance des désavantages depuis longtemps subis par certains groupes. Parmi ceux-ci sont le droit légal à la non-discrimination. Quant aux mesures positives nécessaires, celles-ci peuvent améliorer l’égalité des chances.
L’article 5 de la directive prévoit que, en vue d’assurer la pleine égalité dans la pratique, le principe de l’égalité de traitement n’empêche pas un État membre de maintenir ou d’adopter des mesures spécifiques destinées à prévenir ou à compenser des désavantages liés à la race ou l’origine ethnique. À cet égard, il convient de distinguer les mesures d’actions positives, qui sont autorisées, et ce qu’on appelle la “discrimination positive” des mesures, qui ne sont pas compatibles avec la directive. D’une part, des mesures d’action positive visent à assurer la pleine égalité dans la pratique et prévenir ou compenser des désavantages liés à une certaine origine raciale ou ethnique. On fournisse une formation spécifique pour les personnes appartenant à des groupes qui n’ont généralement pas accès à cette formation, ou on prend notamment des mesures pour veiller à ce que certains groupes raciaux ou ethniques soient pleinement informés sur les offres d’emploi, y compris, par exemple, la publication de publicités dans des publications ciblant ces groupes.
D’autre part, la “discrimination positive” donne une préférence automatique et absolue (par exemple dans l’accès à l’emploi) à des membres d’un groupe particulier par rapport à d’autres pour aucune autre raison que l’appartenance à ce groupe. Ces attitudes à l’égard des actions positives varient considérablement d’un des États membres. Aux Pays-Bas, il est seulement permis où il existe des preuves de la discrimination structurelle fondée sur le sexe, la race et le handicap. En Slovaquie, elles sont considérées comme un moyen spécifique de lutte contre l’exclusion sociale des Roms(ou Tziganes), une approche controversée qui a été contestée devant la Cour constitutionnelle et jugée inconstitutionnelle. Un programme de l’action positive pour les Roms existe également en Espagne. En Finlande, les actions positives s’adressent spécifiquement à certains citoyens. ENAR (Réseau européen contre le racisme) a préconisé un renforcement des dispositions sur l’action positive, ce qui rend obligatoire pour les groupes les plus vulnérables. En Hongrie, des bourses spéciales sont accordées pour aider les étudiants roms dans l’enseignement secondaire et supérieur. Dans un certain nombre d’États membres (République Tchèque, la Finlande, l’Irlande et Chypre), des mesures spéciales sont utilisées dans le contexte spécifique de lutte contre la discrimination et la diversité de formation pour la police. Le concept de promotion positive de l’égalité est appliqué dans certains pays. À la fois dans le Royaume-Uni et en Finlande, les pouvoirs publics ont l’obligation légale de promouvoir activement l’égalité. En vertu de la jurisprudence irlandaise, les employeurs doivent prendre des mesures positives pour veiller à ce qu’ils ne soient pas discriminatoires à l’égard de certains employés pour des raisons de race.
En Roumanie la minorité qui bénéficie de la discrimination positive est la minorité des Tziganes (ou Rroms). Depuis 1998 déjà, le Ministre Roumain d’Education et de la Recherche donnait un chiffre de scolarisation différent pour les Tziganes dans les lycées mais aussi dans les facultés. Voilà pourquoi le nombre maximum d’élèves dans une classe de lycées est de 28 enfants plus 2 places spéciales pour les Tziganes. Quant aux facultés, cela dépend chaque année, entre 10 et 60 places par facultés, en somme 150 par année. Mais ces places, il n’y a pas toujours les Tziganes qui les occupent, parce que la tradition des Tziganes est très stricte en ce qui concerne le mariage à des âges entre 11 et 18 ans. Donc il y a peu de Tziganes qui se dirigent vers les facultés : en fait ils arrêtent leur scolarité vers 14 ans (la plupart) et les jeunes filles encore plus tôt, vers 12 ans. D’un côte c’est la pauvreté et de l’autre, leurs coutumes : le mariage précoce, la fille doit obéir à son père (et puis à son mari) et elle n’a pas droit à la scolarisation. De plus il y a des gens qui se déclarent de cette ethnie pour avoir accès simple à l’éducation. C’est-à-dire on fait appel à une fausse attestation de « tzigane » délivrée par les responsables de ces ethnies : un moyen illégal ayant à la base un procédé corrompu ! Mais revenons à leur tradition. Les Tziganes ont plusieurs tribus, (17) dont trois respectent le plus la tradition et obligent parfois les jeunes filles de ne pas aller à l’école en faveur du mariage. Mais il y a aussi des tribus qui permettent à leurs enfants d’aller à l’école jusqu’à 17-18 ans mais à cet âge le mariage est obligatoire. La vie des jeunes filles qui fréquentent l’école n’est pas si simple. Elles doivent porter l’écharpe sur la tête, avoir la tête toujours baissée, ne pas regarder les yeux de leur interlocuteur. De l’autre côté, même si le nombre des étudiants d’ethnie Tzigane était très petit, maintenant il augmente. La situation est la suivante : en 2007, 260,000 enfants tziganes fréquentaient l’école, et 24.060 apprenaient même leur langue maternelle mais le nombre de ceux qui devraient aller à l’école est double en fait.
Une grande proportion d’enfants roms âgés de 10 à 16 ans ne sait pas du tout lire, ou ils lisent avec beaucoup de difficulté. La situation des adolescents qui ont plus de 17 ans n’est pas meilleure: 31% d’entre eux savent à peine lire. Excepté l’analphabétisme, l’abandon scolaire des Rroms est un autre problème grave. Dans les écoles où plus de moitié des enfants sont des Roms, l’abandon est presque double par rapport aux écoles où les Roms sont une minorité. Ainsi, dans ces écoles, l’abandon dépasse 45% dans l’école primaire et atteint 70% dans le second cycle d’enseignement. S’ils sont mélangés avec des enfants roumains, les Roms sont moins tentés d’abandonner les études. Pour améliorer cette situation il y a beaucoup des programmes qui se déroulent depuis 2001, des programmes Phare ayant la valeur totale des projets d’environ 40 millions d’euros. Dans chaque département on a choisi 8-10 écoles et environ 78.000 élèves roms ont bénéficié du programme « Accès à l’éducation pour les groupes défavorisés. » Il y a aussi les projets nationaux en valeur de 7,7 millions d’euros qui s’appellent « Le projet d’éducation tardive et incluse » et « La deuxième chance » qui offrent la possibilité aux Tziganes d’apprendre quel que soit leur âge. Et s’ils se débrouillent, ils peuvent même passer 2 ans dans un seul.
Quant aux institutions, à partir des mairies jusqu’au Gouvernement, chacun a un représentant des Tziganes qui met en valeur leur culture, qui protège leurs droits, qui est à leur disposition, pour les aider et leur enseigner comment faire pour mieux s’adapter dans la société. Conscients de l’importance des enjeux, l’UE et l’Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe (OSCE) ont ainsi renforcé leur aide à l’intégration des Tziganes – ou Rroms, comme ils se désignent eux-mêmes.
Voilà, on fait des efforts pour les aider, maintenant on attend les résultats.
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